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L'éthique

Lundi 9 mai 2005

 

 

           

Le clonage humain est un sujet très vaste sur lequel les avis divergent énormément. L'avis des scientifiques n'est pas seul en jeu, derrière celui-ci se cache le point de vue des êtres humains qui sont tous concernés. La religion, elle, se positionne de plus en plus au sujet de la science et sur ce thème, elle prend une dimension croissante, car même si son influence dans les moeurs n'est plus aussi grande qu'autrefois, chaque religion disperse ses croyances dans le monde entier.

 

Premièrement, l'Eglise catholique est opposée à tout type de clonage, et s'oppose également à toute recherche sur l'embryon. Sa théorie est que le clonage thérapeutique pourrait ouvrir la voie au clonage reproductif, ce sur quoi nombreux scientifiques se rejoignent, car quelle est la limite entre ces deux types de clonage ? Quels sont les risques de dérives ? De plus, selon l'Eglise catholique, le désir de soigner est bien sûr légitime mais ne peut se faire au prix de mauvaises actions, comme la manipulation de l'embryon. Ce n'est que depuis la fin du XIXème siècle que l'Eglise considère que la vie humaine commence dès la fécondation (alors qu'une grande partie du corps médical considère qu’un être humain n'est tel qu'à partir de la nidation sur la paroi de l'utérus). L'Eglise définit donc l'embryon comme le CCNE, c'est une personne en devenir, digne du droit à la vie et du droit à l'intégrité. Malgré cela, l'influence que pourrait avoir l'Eglise catholique aujourd'hui sur les décisions en matière de bioéthique, celle-ci est assez minime, la religion catholique n'expose que son point de vue, au même titre que d'autres instances.

 

          Les positions des autres religions ne sont pas toutes cependant très claires. En ce qui concerne le clonage reproductif (dont le but est de créer un humain), toutes les religions le condamnent sauf le judaïsme qui l'autorise en cas de stérilité des deux époux, et le bouddhisme qui le tolère à condition de ne pas modifier le patrimoine génétique. En France, le clonage thérapeutique est autorisé au cas par cas par les protestants; et par le judaïsme, dans la mesure où cela peut apporter un bénéfice thérapeutique. En revanche, il est interdit par les orthodoxes, par le bouddhisme, ainsi que par l'Islam. Quant à la recherche sur l'embryon, elle peut être autorisée par le protestantisme (si très encadrée) et le judaïsme (seul l'embryon in utero est intouchable) mais est interdite chez les orthodoxes. Pour l'Islam, la position est réticente mais pas totalement opposée, en référence aux éventuels bénéfices thérapeutiques.

 

clonage thérapeutique

clonage reproductif

statut de l'embryon

recherches sur l'embryon

Catholicisme

CONTRE

CONTRE

Personne en devenir, digne du droit à la vie et du droit à l'intégrité. La vie humaine commence dès la fécondation.

CONTRE

Judaïsme

POUR (si apport thérapeutique)

POUR (en cas de stérilité)

Embryon devient vie humaine à partir de 40 jours (insufflation de l'esprit à l'embryon).

Autorisées sauf pour l'embryon in utero.

Bouddhisme

CONTRE

POUR si pas de modifications du patrimoine génétique

Le bouddhisme conçoit le monde sans commencement.

Autorisées si bienfaits des manipulations génétiques (améliorations du cerveau par exemple).

Protestantisme

Autorisé au cas par cas

CONTRE

Le statut d'être humain s'acquiert progressivement.

Autorisées si très encadrées.

Orthodoxes

CONTRE

CONTRE

L'embryon est une âme vivante.

CONTRE

Islam

CONTRE

CONTRE

La vie commence dès la fécondation, la créature humaine ne reçoit pas l'esprit divin avant le 120ème jour de gestation.

En principe interdit car chosifie la vie. Tolérées si elles sont le seul moyen offert par la science pour sauver des vies ou traiter une anomalie.

 

 


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Mercredi 11 mai 2005

      

 

       

On peut tout d'abord se poser la question de savoir si le clone serait un véritable double de la personne clonée. Physiquement, le clone et son modèle pourront se ressembler énormément mais des différences subtiles permettront de les distinguer. En effet, l'ovocyte cloné est doté des mêmes chromosomes que l'individu originel mais il possède en plus une partie de patrimoine génétique propre situé dans le cytoplasme et appartenant à la femelle donneuse de l'ovocyte. De plus l'environnement module l'expression des gènes dès la formation de cet ovocyte et durant toute la croissance embryonnaire, la naissance, l'enfance et la vie adulte. La personnalité dépend donc de cette interaction gènes/environnement. Deux individus dotés de mêmes gènes auront des caractères différents en fonction des évènements qui marqueront leur histoire personnelle.

           

D'un coté plus pratique, le statut du clone pose de véritables problèmes, à savoir déjà juridiquement qui est-il vraiment, est-il le frère, le fils, le même individu que la personne qui lui a servi de modèle ?

 

 

        

D'un point de vue purement psychologique, l'enfant cloné se retrouverait face à lui-même en la personne de son parent-frère-jumeau, ce qui diminuerait la part d'indéterminisme vital pour la construction de sa personnalité et de son libre-arbitre. Sans compter sur son modèle de départ qui chercherait à revivre dans son clone au point de le contraindre à lui ressembler et à exercer sur lui une forte pression. De même, dans le cas de parents qui voudraient faire revivre un de leurs enfants mort prématurément en le clonant, ce dernier serait désiré uniquement dans le but de remplacer le frère ou la soeur disparue. Les structures familiales seraient alors bouleversées puisque le clone serait à la fois la soeur ou le frère et l'enfant du donneur. Il aurait de plus plusieurs mères, la donneuse de noyau, la donneuse d'ovocyte, la mère porteuse, celle qui l'élèverait...

 

Le statut du clone pose donc autant de questions que celui du statut de l'embryon, ainsi si la loi arrive un jour à légiférer sur le statut de l'embryon, il n'en restera pas moins d'innombrables questions à résoudre et au fur et à mesure, d'autres viendront s'y ajouter.

 


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