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Vendredi 13 mai 2005

En pratique, pour obtenir un clone, les scientifiques prélèvent un ovule d'une femelle qu'ils vident de son noyau et donc du patrimoine génétique de la «mère», pour le remplacer par de l'ADN d'une cellule adulte de l'animal à cloner. Un choc électrique doit ensuite entraîner la division. Si tout va bien, l'oeuf devient un embryon qui peut être implanté dans l'utérus de la mère. Afin que les cellules se divisent correctement, les chromosomes doivent se dupliquer entre eux, puis se diviser. Dans le cadre d'une reproduction humaine, si les chromosomes ne se divisent pas convenablement, cela peut aboutir à une malformation, comme la trisomie, ou à un avortement.

Pour la majorité des espèces, le clonage n’a pas encore été réussi, ou bien il s’est limité à une expérience non reproduite. Pour les autres, le taux de succès est faible (environ 2%). La principale explication reste la fausse couche, même si l’embryon est correctement implanté dans l’utérus. Après la naissance, on constate une forte mortalité, surtout dans les premiers jours.

On a par ailleurs constaté un raccourcissement anormal des chromosomes. Il est admis que la taille des chromosomes diminue avec l’âge. Dans le cas des animaux clonés, la longueur de leurs chromosomes correspond à celle d’un animal qui aurait « cumulé » son âge et celui de l’animal dont il est le clone. Autrement dit, on crée des animaux «nés vieux » d’un point de vue génétique. Cependant, l’animal présente toutes les caractéristiques physiques propres à son âge réel.

 

Les risques :

La technique de dupliquer le matériel génétique et de le faire proliférer dans la nature induit une dangereuse réduction de la diversité génétique. Les risques sont nombreux : ralentissement de l’évolution des espèces, diminution de l’adaptabilité à l’environnement, réduction de la diversité génétique…

par Morgane publié dans : Le clonage humain d'un point de vue technique
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Vendredi 13 mai 2005

    Si l'on pouvait résumer la problématique du clonage humain, cela tournerait du côté de l'interrogation : à partir de quel stade qui suit la fécondation peut-on considérer que l'on a affaire à un être humain ? Telle est donc bien le véritable problème qui se pose à nos yeux.

 

 

     

En effet, avant de se préoccuper du clonage de cellules, il est nécessaire de se confronter à une question philosophique : quand commence la vie ? C'est le point de départ du clonage et l'on peut dire aujourd'hui que les avis sont partagés à ce sujet. Le Comité Consultatif National d'Ethique n'a pas encore réussi à trancher sur cette question tant elle est difficile. Personne n'est d'accord sur ce sujet, mais le Comité a tout de même réussi à mettre au point une définition de l'embryon qui stipule qu'il est déjà une personne potentielle.

 

D'un côté, les partisans de l'utilisation des cellules souches embryonnaires, qui considèrent que jusqu'au stade quatorze jours (apparition du système nerveux), il ne s'agit pas d'un embryon mais d'un pré-embryon. Dans ce cas, on pourrait utiliser les cellules prises sur un pré-embryon pour le clonage thérapeutique et les faire se reproduire. Un autre argument soutenu par cette partie avance qu'il s'agit d'une fabrication d'embryon par transfert de noyau, il n'y a pas eu procréation puisqu'il n'y a pas eu de fusion de gamètes. Ce n'est alors pas une fécondation mais fabrication d'un amas de cellules.

 

D'un autre côté, les opposants au clonage sous toutes ses formes avancent que la distinction embryon/pré-embryon n'est pas satisfaisante. On considère en effet qu'un stade embryon à 4 cellules aboutira à un petit être vivant de 50 cm. Mais quelle est la différence entre ces deux stades ? Certaines philosophie y répondent en admettant que oui, même au stade une cellule à 2n chromosomes qui sort tout juste de la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde, il s'agit d'un être vivant. Mais les parties s'opposent sur cette théorie purement philosophique. Aucune preuve technique ne peut être avancée, ce sujet n'est du ressort que de l'abstrait.  Pour eux, le clonage vise à instrumentaliser l'embryon, à l'assimiler à un objet que l'on sacrifierait pour le manipuler à sa guise, pour en faire une matière première. Un embryon serait crée et ne vivrait que pour l'autre et non pas pour lui. Ce qui ressort souvent de cette argumentation est que l'embryon est un être humain potentiel, comme l'indique la définition de Comité Consultatif National d'Ethique, et est donc digne des mêmes droits moraux qu'une personne. On devrait donc respecter la vie dès son origine, c'est-à-dire dès la fusion des gamètes.

 

 

 

  

Mais le problème ne se rapporte pas seulement à deux camps opposés quant au statut de l'embryon, c'est encore plus complexe. En effet, une autre théorie vient s'ajouter qui stipule que l'embryon n'existe qu'en fonction du projet parental qu'on lui porte. Pendant que certains font référence au stade quatorze jours, étant décelable par l'apparition du système nerveux, qui seraient le stade à partir duquel le pré-embryon deviendrait embryon pour baser leur théorie, d'autres se basent plutôt sur la période de nidation de l'oeuf dans le col de l'utérus. Avant ce stade, il aurait toujours la possibilité de se scinder en deux et ainsi aboutir à des jumeaux. De plus, une fois implanté, son avenir est lié à la mère, mais il n'a pas d'avenir propre. Mais avant ce stade, il est sous la dépendance de la volonté de la femme et de l'homme qui en sont à l'origine, il se situe entre chose et personne.

 

On commence à percevoir l'étendue des problèmes que pose le clonage d'un point de vue éthique. A partir d'un sujet apparemment simple mais extrêmement philosophique tel que le statut de l'embryon, de nombreux autres sujets s'y rapportent comme l'utilisation d'embryon surnuméraires (embryons obtenus en surnombre en laboratoire par fécondation in vitro et de toute façon destinés à mourir). Pourquoi donc s'attarder sur le caractère sacré d'un embryon de cellules indifférenciées sans projet parental, sur lequel on hésite à l'utiliser pour des fins de recherches, et autoriser de l'autre côté l'interruption volontaire de grossesse pour des foetus bien plus âgés ?

 

 

  

Définir le statut de l'embryon comme étant ou n'étant pas une personne constitue donc un piège, car la réalité est beaucoup plus subtile, la science n'ayant pas de réponse à cette question. Il existe une ambiguïté car l'embryon n'est pas un être humain achevé, il est en devenir. Il a une valeur dès le départ car il a une capacité à se développer et devenir un être humain achevé. La question suscite donc de grandes interrogations qui seront peut-être un jour résolues par la science mais pour l'instant c'est du ressort de l'avis de chacun.

 

La question éthique centrale du statut de l'embryon peut se résumer à savoir si au nom du progrès de la médecine, l'embryon humain peut-il (et doit-il) être considéré comme une chose, taillable et corvéable à merci ?

 

 

 

publié dans : L'éthique
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