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Jeudi 12 mai 2005

D'une manière générale, le clonage thérapeutique s'intéresse au développement des cellules de l'embryon. Comme pour le clonage reproductif, on envisage :

-  de prendre le noyau d'une cellule somatique de l'individu nécessitant une greffe

-  de transférer ce noyau dans un ovocyte

-  d'activer l'embryon ainsi obtenu de manière à ce qu'il se développe

-  d'arrêter son développement au stade blastocyste

-  de prélever les cellules embryonnaires souches

-  de les mettre en culture

-  puis de les faire différencier dans le tissu voire l'organe nécessaires à la greffe. 

 

Mais on peut aussi utiliser des cellules souches embryonnaires issues de la culture des lignées de cellules souches déjà existantes ou des lignées qui pourraient être créées dans l'avenir.

 

Cependant cette technique n’est pas tout à fait au point car :

 

- lors d’une différenciation de cellules in vitro, il n’y a pas 100 % de cellules musculaires ni 100 % de cellules nerveuses par exemple, mais on obtient généralement une population hétérogène de cellules. Il faudrait donc trouver des technologies pour pouvoir trier et isoler les cellules : obtenir des cultures pures n’est pas évident. Cela nécessite des milieux différents pour chaque culture, par exemple pour le sang embryonnaire, etc.

- les cellules peuvent rester embryonnaires et ne pas se différencier. Une cellule ES (Embryonnaire Souche) est tumorigène et peut donc provoquer un cancer. Greffer une seule cellule non différenciée chez un homme serait donc très grave.

  - l’isolement des cellules ES coûte une fortune, car il s’agit de haute technologie. 

Cependant comme l’immunologie et les traitements anti-rejet font des progrès, il sera peut-être plus simple d’établir des banques de cellules ES à partir de banques d’embryons surnuméraires. Quand un patient est en attente de greffe, on recherche les cellules ES avec un complexe d’histocompatibilité proche du patient puis on effectue une différenciation jusqu’à l’obtention des tissus ou de l’organe désirés. On établit une greffe avec atténuation du traitement anti-rejet. Pour une population caucasienne, statistiquement 10 à 50 lignées de cellules ES suffiraient pour permettre de traiter l’ensemble des patients.

Tout l’intérêt du clonage dit thérapeutique (qui n’aboutit pas à un embryon viable) est de pouvoir fabriquer n’importe quelle sorte de cellules. En effet les cellules souches ont le pouvoir de se différencier en n’importe quelle cellule du corps humain. Mises sur l’os elles deviennent cellules osseuses, dans le foie, cellules hépatiques, dans le cerveau des neurones. Aucun risque de rejet, de surcroît, puisque ces cellules sont en tout point identiques à celles du receveur. Certains y voient donc la médecine du futur.

 

par Morgane publié dans : Le clonage humain d'un point de vue technique
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Mercredi 11 mai 2005

    

La technique du clonage, simple en théorie, est dans la réalité très compliquée et aléatoire : pour obtenir une brebis Dolly, il a fallu créer plus de 250 clones par le recueil d’un nombre encore plus grand d’ovocytes. Aujourd’hui, il n’est pas encore possible de cloner certains animaux, cependant les moutons, les vaches, les porcs, les chèvres et les souris sont « clonables » avec des fortunes diverses. Par clonage, on obtient rarement plus de 1 % de naissances vivantes, très souvent associées à diverses anomalies génétiques, physiologiques et psychiques. 

 

Taux de réussite en ce qui concerne le clonage reproductif animal (2002)

Espèce animale

Taux de réussite (naissance/embryon cloné)

Mouton

0.4 %

Souris

0.8 %

Rat

2.3 %

Bovin

6.0 %

Chat

0.5 %

Lapin

0.3 %

Singe

0.0 %

Cheval

0.1 %

Chèvre

3.5 %

 

 

      De même, les recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines rencontrent elles aussi des difficultés. Une publication de « Nature Biotechnology » de janvier 2004 révèle en effet qu’ une lignée de ces cellules utilisées en recherche se révèle à long terme instable en culture. Après six mois de croissance, ces cellules présentent un excès de chromosomes 12 et 17. Pourtant, cette lignée, considérée comme stable et dépourvue d’anomalie chromosomique, avait reçu l’agrément du NIH américain avant d’être distribuée dans 150 laboratoires dans le monde. Cette découverte remet en cause pour certains chercheurs le développement de stratégies thérapeutiques faisant appel aux cellules souches embryonnaires.

par Maud publié dans : Le clonage humain d'un point de vue technique
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