
La Position du parlement européen
Le Parlement se dit « convaincu que le clonage dêtres humains, que ce soit à des fins expérimentales (traitement de la stérilité, diagnostic avant implantations, transplantation de tissus) ou à toute autre fin, ne saurait en aucune circonstance être justifié ou toléré par une société humaine, quelle quelle soit, car il équivaut à une violation grave des droits fondamentaux de lhomme, il est contraire au principe dégalité des êtres humains car il permet une sélection eugénique et raciste de lespèce humaine, il offense la dignité de lêtre humain et il exige une expérimentation sur lhomme ». Il demande, en conséquence, linterdiction mondiale et explicite du clonage des êtres humains, et linterdiction, par les États membres, du clonage dêtres humains « dans les différents stades de leur constitution et de leur développement, sans distinction en ce qui concerne la méthode pratiquée ».
En réponse à la la proposition du gouvernement britannique d'autoriser l'utilisation, aux fins de recherche médicale, des embryons créés par transfert nucléaire, il insiste sur le fait « quil nexiste aucune différence entre le clonage à des fins thérapeutiques et celui ayant pour objet la reproduction » et que, « le clonage thérapeutique, qui implique la création dembryons humains aux seules fins de recherche, franchit sans retour une frontière dans le domaine des normes de la recherche et est contraire à la politique publique adoptée par lUnion européenne ».
Le projet de Constitution Européenne
Cependant, le projet de Constitution européenne émet un avis assez différent puisque, si elle condamne le clonage reproductif (elle souligne en effet « l'interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes » et « l'interdiction du clonage reproductif des êtres humains. »), une ambiguïté certaine demeure pour le clonage thérapeutique.
Le rapport Fiori, 2001
Il sagit dun rapport présenté par Francesco Fiori sur les incidences sociales, juridiques, éthiques et économiques de la génétique humaine en 2001. Il remet partiellement en cause les décisions du Groupe Européen dEthique en ce qui concerne le clonage thérapeutique et selon lesquelles « il serait trop tôt pour créer des embryons par transfert des noyaux de cellules somatiques (clonage thérapeutique), dans la mesure où cette recherche est déjà autorisée, bien que soumise à une réglementation stricte, dans un Etat membre ». Il rappelle, en effet, que « bien avancée, cette recherche a le potentiel de fournir des greffes spécifiques au patient, évitant tout phénomène de rejet dans des cas de maladies génétiques et datteintes graves (par ex. du système nerveux) ».
Il demande cependant linterdiction des activités qui :
1) visent à aboutir à la modification de la lignée germinale humaine
2) visent à la production dhybrides ou de chimères
3) incluent la création dembryons humains pour dautres raisons que celles daboutir à une grossesse ou faire usage de ces embryons.
Il souligne enfin le caractère sacré de la vie humaine : cest la science qui doit se subordonner à lêtre humain et non linverse.
Ce rapport a pourtant était rejeté au parlement européen, à 316 voix contre 37, avec 47 abstentions. Les députés ont en effet considéré que le contenu était trop incohérent. De plus, des positions controversées ont été exprimées au sein même de la commission.

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