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Mercredi 11 mai 2005

    

La technique du clonage, simple en théorie, est dans la réalité très compliquée et aléatoire : pour obtenir une brebis Dolly, il a fallu créer plus de 250 clones par le recueil d’un nombre encore plus grand d’ovocytes. Aujourd’hui, il n’est pas encore possible de cloner certains animaux, cependant les moutons, les vaches, les porcs, les chèvres et les souris sont « clonables » avec des fortunes diverses. Par clonage, on obtient rarement plus de 1 % de naissances vivantes, très souvent associées à diverses anomalies génétiques, physiologiques et psychiques. 

 

Taux de réussite en ce qui concerne le clonage reproductif animal (2002)

Espèce animale

Taux de réussite (naissance/embryon cloné)

Mouton

0.4 %

Souris

0.8 %

Rat

2.3 %

Bovin

6.0 %

Chat

0.5 %

Lapin

0.3 %

Singe

0.0 %

Cheval

0.1 %

Chèvre

3.5 %

 

 

      De même, les recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines rencontrent elles aussi des difficultés. Une publication de « Nature Biotechnology » de janvier 2004 révèle en effet qu’ une lignée de ces cellules utilisées en recherche se révèle à long terme instable en culture. Après six mois de croissance, ces cellules présentent un excès de chromosomes 12 et 17. Pourtant, cette lignée, considérée comme stable et dépourvue d’anomalie chromosomique, avait reçu l’agrément du NIH américain avant d’être distribuée dans 150 laboratoires dans le monde. Cette découverte remet en cause pour certains chercheurs le développement de stratégies thérapeutiques faisant appel aux cellules souches embryonnaires.

par Maud publié dans : Le clonage humain d'un point de vue technique
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Mercredi 11 mai 2005

      

 

       

On peut tout d'abord se poser la question de savoir si le clone serait un véritable double de la personne clonée. Physiquement, le clone et son modèle pourront se ressembler énormément mais des différences subtiles permettront de les distinguer. En effet, l'ovocyte cloné est doté des mêmes chromosomes que l'individu originel mais il possède en plus une partie de patrimoine génétique propre situé dans le cytoplasme et appartenant à la femelle donneuse de l'ovocyte. De plus l'environnement module l'expression des gènes dès la formation de cet ovocyte et durant toute la croissance embryonnaire, la naissance, l'enfance et la vie adulte. La personnalité dépend donc de cette interaction gènes/environnement. Deux individus dotés de mêmes gènes auront des caractères différents en fonction des évènements qui marqueront leur histoire personnelle.

           

D'un coté plus pratique, le statut du clone pose de véritables problèmes, à savoir déjà juridiquement qui est-il vraiment, est-il le frère, le fils, le même individu que la personne qui lui a servi de modèle ?

 

 

        

D'un point de vue purement psychologique, l'enfant cloné se retrouverait face à lui-même en la personne de son parent-frère-jumeau, ce qui diminuerait la part d'indéterminisme vital pour la construction de sa personnalité et de son libre-arbitre. Sans compter sur son modèle de départ qui chercherait à revivre dans son clone au point de le contraindre à lui ressembler et à exercer sur lui une forte pression. De même, dans le cas de parents qui voudraient faire revivre un de leurs enfants mort prématurément en le clonant, ce dernier serait désiré uniquement dans le but de remplacer le frère ou la soeur disparue. Les structures familiales seraient alors bouleversées puisque le clone serait à la fois la soeur ou le frère et l'enfant du donneur. Il aurait de plus plusieurs mères, la donneuse de noyau, la donneuse d'ovocyte, la mère porteuse, celle qui l'élèverait...

 

Le statut du clone pose donc autant de questions que celui du statut de l'embryon, ainsi si la loi arrive un jour à légiférer sur le statut de l'embryon, il n'en restera pas moins d'innombrables questions à résoudre et au fur et à mesure, d'autres viendront s'y ajouter.

 

publié dans : L'éthique
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